Les universités : quelles réformes pour quelle modernité ? Le cas du Mexique

AGULHON Catherine, DIDOU-AUPETIT Sylvie (Dir.), Les universités : quelles réformes pour quelle modernité ? Le cas du Mexique, Paris : Publisud, 2007, 281p.

Les systèmes d’enseignement supérieur sont depuis deux décennies dans une spirale de réformes qui s’accélère ces cinq dernières années. Les injonctions transnationales sont relayées par les Etats et les acteurs institutionnels nationaux. Dans cet ouvrage, fruit d’un travail collectif financé par un programme ECOS Nord, ce sont les réformes mexicaines qui sont analysées. Mais, ce type de réformes bouscule les systèmes d’enseignement supérieur de nombreux pays, en particulier, ceux qui ont une longue tradition nationale. Les enjeux de ces réformes sont-ils à rechercher dans ce qu’on nomme la « mondialisation », qui étend les concurrences économiques et sociales à un « espace-monde » ? Sont-elles le produit d’une rationalisation de l’investissement éducatif dont, nous disent les économistes libéraux, les gains reviennent aux entreprises comme aux individus ? Toujours est-il qu’on assiste, au Mexique comme ailleurs, à une transformation des règles de fonctionnement des institutions d’enseignement supérieur : ce renouvellement des formes de gestion introduit la décentralisation et le partage du pouvoir entre le centre et les périphéries, remettant en cause les règles communes et l’autonomie des institutions, écartelées entre des directives venues de différentes instances. Cette gestion est assortie d’une croissance de la contractualisation des actions de pilotage, elle entraîne les universités dans une auto-analyse permanente, elle enclenche enfin une inflation des projets finalisés de recherche et d’enseignement. Ces modes de pilotage conditionnent une partie des ressources des universités et tendent à en contrôler l’efficacité, terme derrière lequel peuvent se cacher toutes formes de contingentement. En complément, la diversification de l’offre de formation, à l’ordre du jour, bien qu’elle prétende adapter les cursus aux besoins économiques et sociaux, les subordonne, en fait, à des demandes socio-économiques immédiates et labiles et rompt avec une tradition plus généraliste et académique d’enseignement. Ces réformes entraînent ainsi les universités publiques dans une concurrence multipolaire, tant pour retenir l’attention des instances de décision nationales et régionales que pour attirer des financements externes, les enseignants les mieux formés et les étudiants les plus performants. Dans des pays comme le Mexique ou la France, ces réformes transforment le modèle universitaire public et centralisé en un modèle hybride, dans lequel tant la position des acteurs que les finalités sont incertaines (Présentation de l’éditeur).

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