Séminaire international : « La recherche en éducation en temps de crise »

L’ Association Francophone Internationale de Recherche Scientifique en Éducation (AFIRSE), l’Université de Péloponnèse (Département de politique sociale et éducative), l’Université de Patras (Département pédagogique de la formation des enseignants du primaire), en partenariat avec l’UNESCO (ED/ERF)

organisent un Séminaire international : « La recherche en éducation en temps de crise »
qui se tiendra les 8 et 9 juin 201, dans le cadre de l’Université de Péloponnèse (salle de conférences), Faculté des Sciences Sociales, rue Damaskinou & Kolokotroni, Corinthe, Grèce

Argument

Crise, crise, crise ! C’est comme un mot d’ordre d’immobilisation générale : il y a crise, donc, on ne peut plus rien faire.

Il ne s’agit pas de revenir sur les raisons de « la » crise, sur son caractère définitif, particulier ou répétitif, il s’agit de savoir fonctionner dans l’ambiance qu’elle crée et fonctionner pour pouvoir aider à la dépasser.

On le répète depuis qu’elle est identifiée, la recherche en éducation est en danger et trois types de dangers se conjuguent : le besoin de crédits, la dépendance de commandes et aussi souvent le manque d’imagination des chercheurs. Or la recherche doit être à la fois accrochée aux réalités et affaire d’imagination, en termes de problématiques, en termes d’outils de recherche, en termes d’exploitation et d’interprétation de données.

La recherche en éducation est devenue doublement dépendante, non pas tellement des terrains dont les problèmes vécus pourraient l’orienter mais des modes porteuses de financement et des effets de castes ; la liberté du chercheur est ainsi brimée par une soumission peureuse et un opportunisme qui se veut conquérant.

Les modes ont été nationales ; elles sont de plus en plus internationales. Or, si  la recherche en éducation a des effets, ils sont d’abord à usage national et local.

Cela n’exclut pas, bien au contraire, les contacts, ni les comparaisons ou les confrontations inter-nationales, mais exige qu’ils soient développés sur la base de démarches et de productions spécifiées voire typées qui par leurs différences permettent un enrichissement réciproque. L’international en tant que tel est incompétent pour dicter thèmes et démarches aux nationaux : ce sont eux qui construisent et exploitent l’inter-national utile.

Toujours est-il que les financements sont de plus en plus internationaux et offerts pour des thèmes issus des besoins des plus puissants des nationaux ou de gérants internationaux de la recherche très éloignés des fonctionnements précis de l’éducation.

La question du financement est primordiale : ses sources et ses fonctions orientent les recherches. Un certain type de financement, mise de crédits à la disposition du fonctionnement des équipes de recherche dont on peut contrôler l’usage ne parait pas nuisible, bien au contraire. Mais le développement de plus en plus net des financements sur projets, non sur projets des chercheurs mais sur propositions de chercheurs essayant de s’insérer dans des projets ou des thèmes décidés politiquement ou administrativement par les instances de financement, ministères nationaux ou regroupements internationaux, subordonne les chercheurs en quête de moyens, les met uniquement au service de l’élaboration d’études dont les résultats sont prévisibles à l’avance (et c’est souvent pour cela qu’ils ont été commandés) évitant tout risque de découverte, de surprise, de ces élaborations ou de ces compréhensions nouvelles qui justifient la pratique de recherche.

Dans cette ambiance, les chercheurs se sont souvent fait « piéger » ; certaines pratiques d’évaluation mesurant leur valeur à l’aune des crédits qu’ils ont pu rassembler sont particulièrement caricaturales.

Dans le monde entier, alors que dans beaucoup de pays la recherche était naturellement un élément distinctif du métier d’universitaire, faire de la recherche apparait d’abord comme un moyen de compléter son salaire et cela aussi bien dans des pays riches où les rémunérations sont fortes (Amérique du Nord par ex.) que pauvres où elles sont souvent bien faibles (l’Afrique francophone par ex.) : on ne se met plus en position de chercheur pour savoir davantage, pour découvrir, mais pour gagner un peu plus.

Il ne s’agit pas de nier l’intérêt de suppléments de salaire, mais en la matière il assujettit encore plus les chercheurs aux financeurs déjà évoqués, qui ne connaissent de la recherche que les études à court terme.

Il ne s’agit pas non plus de nier l’intérêt des études, en particulier de celles qui permettent de récolter les données descriptives qui manquent dans beaucoup de pays et dont le besoin suscite parfois des observatoires tout à fait utiles ; tout à fait utiles car ils offrent une base de travail aux chercheurs, qui, à partir de là, peuvent plus facilement avancer s’ils ne s’y arrêtent pas, ce à quoi ils sont poussés par l’habitude prise du fonctionnement à la commande.

La raréfaction des financements née de la crise oblige à faire le point et sur l’utilité de la recherche en éducation et sur ses dérives ; elle oblige à la réorienter de façon efficace par rapport à son but, la connaissance, et non le service à des politiques momentanées.

Pour cela il nous a paru utile de nous réunir dans un des pays les plus atteints par la « crise », pour montrer que celle-ci ne devait pas interdire la recherche en éducation mais qu’au contraire elle pouvait l’aider à aller au-delà en se trouvant aussi des formes plus dynamiques et moins dépendantes.

Nous aurons donc au cours de ces journées à rappeler le fonctionnement des financements, nationaux ou internationaux, nous aurons à nous interroger sur le rôle des agences d’évaluation de la recherche et sur la fonction des publications, sur la localisation de la recherche en éducation, sur la réalité et le sens des demandes faites à la recherche en éducation, demandes du terrain ou de certains marchés, sur la liberté de la recherche aussi. Des exemples de pratiques de recherche nous y aideront, y compris la présentation de recherches faites sans grandes dépenses, montrant que l’argent n’est pas la condition première de la conquête de connaissance.

Nous le répétons : la crise proclamée ne doit pas, au nom de choix se disant d’urgence, interdire la recherche en éducation. Ceux qui la portent ont au contraire là l’occasion de l’organiser d’une façon plus efficace et mieux reconnue, évitant les doubles emplois et les concurrences inutiles, affectant au mieux aux différentes institutions – liées par exemple aux instances gouvernementales pour les tâches de type observatoire, aux universités et autres établissements de haut niveau pour une recherche « libre » – les différentes tâches qu’elle exige, faisant de vrais réseaux de chercheurs (et non la coalition de quelques-uns pour dominer le marché ou apparaitre « internationaux ») les agents de son développement et du futur à construire…

Ce sera l’objet de notre réunion de le rappeler, de le montrer et de le mettre en œuvre.

Intervenants déjà confirmés

Alexandra Androussou, Professeur, Département de l’Éducation de la Prime Enfance, Université d’Athènes, Grèce.
Véronique Attias-Delattre Véronique, Maître de conférences, Université Paris-Est Marne-La-Vallée, France.
Guy Berger,  Professeur (ém.) des Universités (Paris 8), France.
Patrick Boumard,  Professeur (ém.) des Universités (UBO), France.
Alexis Dimaras, Président de l’Institut de Politique Educative, Grèce.
Eric Golhen, Directeur de formation, Centre national de formation des Maisons familiales Rurales, France.
Georges Haddad, Directeur UNESCO/ED/ERF.
Vassilia Hatzinikita, Doyen de la Faculté des Sciences Humaines, Université Hellénique Ouverte, Grèce.
Despoina Karakatsani, Professeur à l’Université du Péloponnèse, Grèce.
Louis Marmoz, Président de l’AFIRSE, Professeur (ém.) des Universités (UVSQ), Titulaire de Chaire UNESCO, France.
Panayiotis Papakonstadinou, Professeur à l’Université de Ioannina, Grèce.
Christiane Peyron Bonjan, Co-présidente de l’AFIRSE, Professeur des Universités (Aix-Marseille Université), France.
Georges Stamelos, Professeur à l’Université de Patras, Grèce.
Despoina Tsakiris, Professeur à l’Université du Péloponnèse, Grèce.

 

Organisation des journées

Vendredi 8 juin 2012

10h-10h30      Accueil

10h30-12h      Séance d’ouverture : position du problème

12h -14h         1er axe : De la recherche en éducation aux programmes d’intervention éducative: financement, mise en place et évaluation

14h-15h30       Repas

15h30-17h30   2ème axe : Infrastructures, structures, réseaux de recherche et revues scientifiques: du national à l’international

17h30-18h       Pause

18:00-20h        3ème axe : L’ Université grecque et la recherche en éducation: des thèses individuelles au développement d’une politique de recherche universitaire

Samedi 9 juin 2012

9h30 -11h30    4ème axe : La posture du chercheur en sciences humaines et sociales: constats et perspectives dans la traversée d’une période de crise

11h30-12h       Pause

12h-14h           Conclusions

Langues du séminaire

Grec et français

Conseil scientifique

Alexandra Andoussou, Université d’Athènes, Grèce
Georges Bertin, Co-président de l’AFIRSE, Directeur de recherches, CNAM-Pays de Loire, France
Georges Haddad, Directeur, UNESCO/ED/ERF
Louis Marmoz Louis, Président de l’AFIRSE, Université de Versailles – St Quentin en Yvelines, France
Gaston Mialaret, Université de Caen, France
Maria Moumoulidou, Université Démocrite de Thrace, Grèce
Panayiotis Papakonstadinou, Université de Ioannina, Grèce
Christiane Peyron-Bonjan, Co-présidente de l’AFIRSE, Aix-Marseille Université, France
Georges Stamelos, Université de Patras, Grèce
Despoina Tsakiris, Université de Péloponnèse, Grèce

Comité d’organisation

Louis Marmoz, AFIRSE
Maria Moumoulidou, Université Démocrite de Thrace, Grèce
Georges Stamelos, Université de Patras, Grèce
Despoina Tsakiris, Université de Péloponnèse, Grèce

Secrétariat

Georges Loyiotis
Fai Nikitopoulou
Pavlina Nikita
Aggeliki Tsiada
Anastassia Samara

Droits d’inscription :10 euros

Courriels:

mmaria62@otenet.gr
dtsak@otenet.gr
gstam@otenet.gr
afirsecolloques@yahoo.com

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